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Some Quick Links


A Few Quick Links to Monday Note #42

Newspapers Downsizing – NYTimes and Herald Tribune to merge sites. The move was meant to happen. A growing number of NY Times stories are appearing in the Herald Tribune, the NYT Co. is bleeding ad revenue. There is no longer room for duplication. The merger on the web is the first step (pretty easy to take), and the newspapers will follow. It is a matter of when, not if, the IHT
brand disappears. (Story in the IHT )

Online Advertising – Publicis Group launches VivaKi, a weird name (how much they paid for such an neologism breakthrough?) for a global initiative in which the n°3 advertising group will combine all its digital forces. Says Maurice Levy, Publicis Group Chairman: “Digital revenue should represent more than 25% of the group’s total revenue by 2010 compared with 18% in the first quarter of this year”. (Story in the FT)

Social Networks – LinkedIn worth $1bn. At least according to VCCW (Venture Capital Common Wisdom). This is based on the $53m investment coughed up by a group of VCs including Bain C
apital Ventures, Sequoia Capital, Greylock Partners and Bessemer Venture Partners. (story in Condé Nast Portfolio )

Aggregator – Slow Growth for Google News.
In May, Google News got only 11.4 million users. It ranked No. 8 among news sites, far behind Yahoo News, which was No. 1 with 35.8 million visitors. Its growth rate of 10% over the last two years is far slower than, for instance, MSNBC.com that grew by 42 percent, adding 10.4 million users. Proof that algorithm is not everything. (Interesting story in the New York Time )


(Finally) — The best bang for the buck. Find out how the clever tiny advertising agency Lastfool (no website in sight, sorry) made a funny viral movie for a cell phone earpiece maker. Small budget, many viewers. The funny thing is the counter strike of an anonymous member of the French mobile phone lobby…

The perspectives of the two Lévys

Maurice Levy, 66, is chairman and CEO of Publicis, n°3 advertising group in the world. His son, Alain Levy, 45, is the CEO of Weborama, one of the leaders of Internet analytics in Europe. Two generations, two different vantage points on the changing advertising market, confronted in this interview by Le Monde (full text in French below).

Here are their respective takes on various subjects:

On the ad sector in general. Maurice (Publicis): “Our response time [to the tech challenges] are way too long. We need to speed up. The inflexion point for our companies is now”.

On the shift in ad spending. Maurice: “Print and TV has far from dead. Today, they account for 92% in ad spending. In 2010, it will be 88% but the share of the Internet will have grown twofold”. Alain (Weborama): “OK, TV will remain dominant, but it will become digital and will eventually allow all what is currently done with the Internet — interaction, targeting…”

The difficulties of Print media Maurice: “The print media must take advantage of two assets: their brand and their ability to select, process the information”. Alain: “Yeah, but today the so-called digital natives have zero loyalty toward content brands”.

The strategies to implement Alain: “One of the key questions is the relationship the big players will have with different technologies. Should they own them?” (Background: Alain Levy is adamantly warning against the domination by Google as he said in the issue #27 of the Monday Note). Pragmatic as usual, Maurice has chosen his camp: “In the interest of its clients, Publicis has decided to make a deal with Google and to work with it”.

Family lunches must me animated between Maurice and Alain Levy.

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Pub, médias, Internet : le grand chambardement

© LE MONDE | 21.06.08 | 15h07 • Mis à jour le 21.06.08 | 15h07

Maurice Lévy est président du groupe Publicis, Alain Lévy est président de StartUp Avenue et de Weborama. Les deux générations que la “numérisation” a rapprochés confrontent leurs analyses.

Maurice Lévy, comment la publicité et les médias vont-ils évoluer dans un monde où les innovations se succèdent à toute vitesse ?
Maurice Lévy : Face aux technologies nouvelles, nos temps de réponse sont trop longs. Il faut accélérer. Nos sociétés sont à un point d’inflexion. Songez au temps que passent les internautes à s’informer, à se documenter, à se former, à travailler, à se distraire et à établir des relations entre eux : tout cela prend le pas sur les autres moyens de communication. Cela modifie les comportements, les attentes. Par exemple, les gens pensent que l’information doit être gratuite, que la musique est une marchandise. Il y a quantité de services qu’ils n’acceptent plus de payer. La vitesse des changements est telle que les schémas anciens de communication sont périmés. L’idée de faire une grande campagne de publicité à la télévision, avec des relais dans d’autres médias, est un schéma qui appartient au pasVous, Alain Lévy, vous créez des technologies dont se servent les publicitaires sur Internet. De quoi s’agit-il ?

Alain Lévy : D’un ensemble de techniques de connaissance des comportements des internautes qu’on appelle les Web analytics. Mon entreprise, Weborama, conçoit des outils qui sont placés sur les sites pour compter leur nombre de visiteurs, et d’autres qu’on place sur le navigateur de l’internaute (des “cookies”), et qui analysent sa navigation. Pour les annonceurs, l’intérêt est grand. Quand une publicité s’affiche, on sait si l’internaute a cliqué dessus, si ensuite il a acheté, combien il a dépensé. Ce qui permet d’évaluer l’efficacité des campagnes.

M. L. : Ces nouvelles possibilités ne signifient pas que la télévision ou la presse sont caduques. Celles-ci ont encore leur place, et une place prépondérante puisque aujourd’hui, ce sont 92 % des investissements publicitaires qui vont dans ce domaine. Demain, en 2010, ce sera encore 88 %, mais entretemps la part du Web aura doublé.

A. L. : La télévision restera prépondérante, mais elle sera numérique. Cela veut dire que tout ce qu’on peut faire sur Internet, on pourra le faire avec la télévision. Des campagnes ciblées, interactives…

Et la presse écrite ?

M. L. : Je considère que la presse joue un rôle essentiel comme ferment de nos démocraties. L’essor du Net lui pose un problème parce qu’une partie de la publicité bascule vers ces nouveaux médias. La presse est plus lourde sur le plan publicitaire : les espaces sont figés. Il n’y a ni mouvement, ni son, ni musique. C’est donc un mode d’expression assez limité pour les annonceurs. Résultat, ils coupent le plus facilement les budgets des journaux.

La presse possède deux avantages, qu’elle exploite plus ou moins bien. Le premier, c’est une marque. Dans l’univers Internet, il est plus facile de s’orienter quand on connaît le nom du site, par exemple lemonde.fr. Le second avantage, c’est que la presse a une maîtrise de l’information : elle sait la sélectionner, la traiter, la hiérarchiser. Elle doit tirer parti de cet atout face au foisonnement des messages. Mais le temps presse, si j’ose dire.

A. L. : Au risque d’être politiquement incorrect, je crois que les carottes ne sont pas loin d’être cuites. La mutation des médias classiques vers le numérique prendra du temps, et, pour la recherche d’information, Google est en train de rafler la mise. Les générations dites “natives”, qui sont nées avec Internet, ont zéro fidélité envers des marques de contenu. En revanche, elles ont besoin d’avoir tout de suite ce qu’elles veulent, et pas beaucoup plus. C’est un devoir d’éducation de leur transmettre l’idée qu’on peut aller plus loin que l’info brute. Moi, quand je lis une information sur le Net, il m’arrive d’avoir un doute et de vérifier dans les journaux. Mais j’appartiens à la dernière génération qui a ce réflexe. Les suivantes seront celles du tout-numérique.

M. L. : Les marques de journaux qui sauront faire la mutation vers le Net sont celles qui vont gagner. C’est déjà ce qui se passe aux Etats-Unis. Le New York Times, le Wall Street Journal abandonnent de plus en plus les espaces payants pour profiter de la fréquentation de leurs sites, et valoriser leur audience. Cela me fait dire qu’il y a un avenir pour la presse, mais plus le même, et plus seulement sur papier.

Et pour le secteur de la publicité, quelle doit être la stratégie ?

A. L. : La vraie question est de savoir quelle relation les grands acteurs de l’Internet entretiennent avec la technologie : doivent-ils la posséder, maîtriser l’ensemble des outils, ou au contraire laisser des entreprises nouvelles se mesurer aux très grands ? Google, il faut lui reconnaître ce mérite, a inventé le modèle économique de l’Internet. C’est grâce à lui qu’une page vue égale des euros, alors qu’avant elle valait zéro. Mais nous sommes entrés dans une nouvelle ère depuis que la Commission européenne a autorisé le rachat par Google de DoubleClick, le leader mondial de la publicité en ligne. Sa prédominance devient sans partage…

M. L. : Google est imbattable sur la recherche des mots, le “search“. DoubleClick a la maîtrise des bannières. La conjonction des deux donne une force considérable. Publicis a donc jugé bon, dans l’intérêt de ses clients, de parvenir à un accord avec Google et de travailler avec lui.

A. L. : J’ai un point de vue différent. La puissance de Google est fondée sur une technologie très efficace, une capacité à accumuler et à analyser des données inégalée jusque-là. Cela lui donne les moyens d’acheter tout ce qui bouge. C’est une espèce de grande faucheuse qui attaque tous les acteurs, tous les médias : les télécoms, la publicité, la communication numérique au sens large. C’est ainsi que Google, le symbole de l’hyperconcurrence des marchés, finit par tuer toute concurrence.

Comment les métiers de la pub vont-ils évoluer avec les nouvelles technologies ?

M. L. : C’est le point essentiel. Quand on fait une campagne à la télévision ou dans la presse, on lance les ordres, on attend, et à la fin de la campagne, on mesure les effets et on ajuste le tir pour la vague d’après. Et on recommence le cycle de manière indéfinie…

A. L. : Désormais, on peut faire la même chose en temps réel. Dès qu’il y a un clic, il s’imprime sur l’écran. Pour un annonceur, cet outil est grisant : un clic, et le chiffre d’affaires s’implémente. On n’a pas besoin d’attendre le verdict des hommes de l’art. C’est là que mon père et moi avons un désaccord. Je pense qu’à terme les plus gros annonceurs vont vouloir maîtriser tout ce processus. Du coup, le métier de l’agence va se retrouver cantonné à l’aspect créatif, qui sera d’ailleurs très important puisque nous allons vers un modèle : une personne, un comportement, une “créa”. La technologie va s’en mêler, donc Google va entrer sur ce marché.

M. L. : C’est ignorer comment Google fonctionne. Son rendement vient du fait que tout est automatisé. Il met beaucoup d’ingénieurs, un déploiement d’intelligence considérable pour développer un outil. Mais, une fois que l’outil est au point, c’est terminé, il fonctionne avec très peu de main-d’oeuvre. Dans la communication, on met très peu de gens pour penser les outils, et on en met énormément pour penser les besoins spécifiques de chaque annonceur. Les deux modèles économiques sont à l’opposé l’un de l’autre.

Quelles sont les prochaines étapes de la “numérisation” généralisée ?

A. L. : On ne connaîtra pas seulement le consommateur à travers son ordinateur. On le suivra dans la vraie vie. C’est ce sur quoi travaille une autre société que j’ai aidée à démarrer, Majority Report. Elle fait la même chose que Weborama, mais dans la réalité : analyser les trajectoires, comprendre les comportements des clients sur le lieu de vente. Les technologies du Net vont rayonner dans notre univers, et pas seulement dans les médias. Par exemple, on pourra compter exactement le nombre de personnes dans une manifestation.

Ce tout-numérique, qu’implique-t-il pour notre société ?

A. L. : C’est une vraie question. Moi, comme utilisateur, que suis-je prêt à tolérer ? Que suis-je prêt à donner comme informations sur ma vie ? Le terme “tracking”, qui désigne le suivi statistique des comportements sur Internet, signifie “suivre à la trace”, c’est assez épouvantable. La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), en France, veille à ça, mais elle a un peu de mal à appréhender tout ce qui se passe. Chez Weborama, en tout cas, nous veillons à n’avoir aucune donnée qui permette de relier notre analyse d’un comportement à un individu. Ce sera un enjeu majeur dans les années qui viennent. Le consommateur est de plus en plus conscient de l’exploitation des traces qu’il laisse. On touche à la liberté ?

M. L. : C’est vrai que nous entrons dans le monde de Big Brother, et qu’il existe des moyens d’établir une traçabilité des comportements. On peut savoir à partir des technologies du GPS où se trouvent les gens grâce à leur téléphone portable, on peut suivre leur voiture, savoir où ils vont, ce qu’ils achètent, ce que sont leurs échanges de communication. Nous sommes dans une société de communication qui peut mettre en danger les libertés publiques et la vie privée.

Sous l’aspect publicitaire, il y a un autre danger, qui est celui de l’intrusion. Par exemple, vous visitez un site automobile, le publicitaire peut intervenir et vous faire une offre plus intéressante. Chez Publicis, nous résistons à cela parce qu’il s’agit vraiment d’une intrusion. Nous pensons que les gens n’accepteront pas qu’on regarde ce qu’ils font par-dessus leur épaule.


Propos recueillis par Sophie Gherardi